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Tourisme de nerd: la mobilité à Barcelone

Politique

Presqu’une semaine à Barcelone (sommet Sharing cities puis Smart city world expo congress), je ne pouvais pas faire l’économie de tester leur système de transport en commun d’autant que j’avais de nombreux allers et retours à faire entre plusieurs quartiers centraux, et le palais des congrès qui s’avère assez excentré.

Comme le mentionnait un ami à propos de Lyon, Barcelone a choisi de ne pas choisir: métro, tram, train, bus, funiculaire, alouette, tout y passe.

Dans l’ensemble l’expérience a été très positive. Premièrement, en arrivant à l’aéroport tout est fort bien indiqué (et c’est une constante): une iconographie claire et bien visible. Par ailleurs, le « pass » complet de 5 jours (pour être précis 120 heures, ce qui m’a permis, avec mon pass, de couvrir tout mon séjour qui s’est étendu sur 6 jours) donne vraiment accès à tout (enfin presque, voir plus bas), y compris à l’aéroport.

À l’heure où on parle de « mobility-as-a-service » et autres variantes visant à intégrer tous les modes de transport incluant des nouvelles approches comme le micro-transit, il faut quand même se rappeler que rien ne vaut des vrais infrastructures structurantes comme le métro. Dix lignes de métro, avec une densité suffisante, auquel s’ajoutent tram et train de banlieue, c’est quand même le bonheur. La ligne 9 est totalement automatisée. Creusée selon un procédé avec une seul tunnelier, on s’aperçoit rapidement que les lignes sur souvent l’une au-dessus de l’autre et non cote à cote comme le veut l’habitude… personnellement je trouve que ça enlève un peu du charme, mais bon. Certaines stations de cette ligne sont également particulièrement profondes, ce qui est un peu pénible quand on descend avec les escalators; à d’autres endroits des rangés d’ascenseurs attendent les passagers, ceci dit je n’ai pas eu l’occasion de les tester à l’heure de pointe pour voir si c’était suffisant.

Parlant d’ascenseur, la quasi-totalité des stations en sont équipées et un effort particulier semble avoir été fait pour l’accessibilité universelle, même dans les stations situées dans les parties les plus anciennes de Barcelone. C’est d’autant plus marquant dans cet forme de développement du métro où l’accès ne se fait pas via des édicules mais plutôt par des bouches sur trottoir (dans ce contexte, l’ascenseur ressort particulièrement). Il y aussi des mini-rampes à certains endroits lorsque la construction initiale fait que le quai n’est pas tout à fait au niveau de la plateforme du métro.

Après ça, le pass complet n’est en fait pas tout à fait complet. Le pass, produit par une autorité régionale, pourrait laisser penser que ça couvre tous les bus… mais non! Il y a un (ou des) autre opérateur de bus. Ce dont Google maps se fiche éperdument. Bref, j’ai du redescendre rapidement et me trouver une alternative. Sinon le système de bus est efficace et bien connecté, de même que le train de banlieue (que je n’ai utilisé que dans la zone centrale.)

Une fois sorti des transports en commun? Les taxis sont nombreux, peu couteux et arborent tous les mêmes couleurs. Je m’en suis servi une fois, devant rentré à mon hôtel après la fermeture du métro. D’ailleurs, il est surprenant de voir le métro fermer à minuit quand on considère le rythme de vie plutôt… tardif, des Barcelonais.

Vélo-partage, c’est un peu plus difficile. Le système Bicing de Barcelone nécessite de s’inscrire annuellement. Pas d’option pour une journée ou quelques jours comme permet Bixi. Par ailleurs, les vélos ne donnent pas trop envie, vieux et dans un état discutable. J’ai noté qu’une offre électrique est en développement; ce sont des vélos de PBSC (les mêmes que Bixi), ce qui laisse peut-être entrevoir une transitions complète vers ce système. Les infrastructures cyclables semblent de qualité, mais c’est difficile de juger sans utilisation. Je dois dire que l’usage du vélo (incluant les Bicing) ne semblait pas délirant. Pourtant, avec une température clémente (15-20°C) et un ciel généralement bleu, rien n’aurait du limiter l’usage.

Aménagement type vélo-rue

Barcelone refuse les vélos en libre service sans ancrage mais ces derniers sont acceptés à L’hospitalet de llobregat, la ville voisine à se trouve le palais des congrès. Là encore, en matière d’intégration de l’offre, on a déjà vu mieux. À L’Hospitalet, j’ai également eu l’occasion de voir un stationnement à vélo sécurisé (des boites) que je n’ai pas vu à Barcelone.

Vélo en libre service à L'hospitalet de llobregat

Rangement à vélo à L'hospitalet de llobregat

Dans l’ensemble l’expérience de transport est simple et agréable, bien que j’ai relativement peu utilisé l’offre pendant l’heure de pointe (ceci dit, même vers 17h-18h, ça semblait très raisonnable). Il est intéressant de noter que Barcelone a à peu près la même population que Montréal (1,6 vs 1,7 millions d’habitants) mais pour une superficie presque 4 fois moindre (100 vs 365km2) ce qui explique la facilité (et nécessité) d’avoir des infrastructures de transport en commun efficace. À vue de nez, la congestion ne semblait pas un problème outre mesure, mais d’après Tomtom, la métropole catalane est plus congestionnée que Montréal (ceci dit, j’ai toujours été sceptique sur l’index du trafic de Tomtom). Bref, les comparaisons sont difficiles, mais ça vaut toujours la peine de regarder ce qui se fait ailleurs et en l’occurrence c’est très intéressant!

Stéphane Guidoin est un amateur de chocolat qui s'essaie à l'occasion à une analyse du monde à travers la lentille des données et plus généralement s'intéresse à un concept étrange et abscons nommé Ville intelligente, le tout matiné d'une bonne dose de doute.

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