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Vers la fin des hackathons!?

Innovation & technologie

Fatigue, essouflement, fin? Je suis le premier à m’interroger sur l’avenir des hackathons. Mais attention aussi à une représentation intellectuelle trop monolithique de ce qu’est un hackathon. C’est ce que semble faire un article publié récemment, Vers la fin des hackathons?: une vision assez utilitariste et centrée sur l’innovation ouverte et le développement économique.

Pourtant un hackathon peut être purement communautaire, gouvernemental, entrepreunarial ou encore mixte. Il peut viser la réalisation de projets définis, être axé sur la découverte, être complètement ouvert ou simplement viser à créer une communauté.

À mes yeux, un hackathon est avant tout un endroit d’apprentissage. C’est là que j’ai appris la plupart des outils et technologies que j’utilise quasiment quotidiennement aujourd’hui. C’est là que j’ai rencontré nombre de personnes avec qui je travaille régulièrement. C’est là qu’a pris naissance ZoneCone et donc 511Ouvert. Bref, les hackathons ont participé à changer ma vie. Pourtant, c’est à peine si j’ai jamais produit plus que quelques lignes de code durant un hackathon.

En tant qu’organisateur de hackathon (en moyenne 2 par an), je suis le premier à me préoccuper de la pérennité des hackathons. Je suis également le premier à pousser pour avoir des résultats de manière attirer l’attention des possibles sponsors et d’entreprises qui souhaiteraient adopter le modèle. Il faut toutefois garder en tête que les hackathons sont avant tous des événements organiques répondant à l’envie des participants. Il y a du désir et du plaisir derrière les hackathons.

Les événements où des organisations mettent en place un hackathon agrémenté d’un fabuleux concours pour faire mousser leurs produits (pensons à Campbell et ses API pour accéder à ses soupes) ou pour aller chercher selon un modèle d’innovation ouverte la créativité manquant à l’interne, c’est une infime fraction de ce qu’est un hackathon. C’est un élément intéressant car vecteur de changement organisationnel mais aussi plus fragile car moins organique.

Comme le propose l’article à la fin, l’approche hackathon devrait d’abord servir à vaincre le modèle du silo au sein des organisations et entre organisations travaillant déjà ensemble. Un des bons exemples en la matière sont les codefests autour de la boîte à outil de l’expérience Web (WET-BOEW) du gouvernement canadien. Une fois qu’une organisation est philosophiquement alignée avec ce mode de travail, il sera plus faisable de faire des hackathons ouverts sur l’extérieur. Et encore!

Quand aux hackathons de communauté, orientés sur l’apprentissage et la découverte, ils ont encore de beaux jours devant eux.

Stéphane Guidoin est un amateur de chocolat qui s'essaie à l'occasion à une analyse du monde à travers la lentille des données et plus généralement des technologies, tout en essayant de demeurer fidèle à Descartes en faisant usage d'une bonne dose de doute.

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