Vélo d’hiver, 2ème partie – la philosophie

February 21st, 2012 Stephane No comments

Après avoir traité des aspects techniques du vélo d’hiver en 1ère partie, voici quelques considérations sur la raison d’être de ce mouvement en pleine croissance. Étant donné que ce texte m’est venu en entendant toutes sortes d’âneries à propos du vélo d’hiver, je vais également répondre aux détracteurs… quand bien même je sais que c’est vain. Le lecteur attentif remarquera que de nombreux arguments s’appliquent au vélo en général.

There's someone wrong on the internet

Au plan individuel: la motivation

Au commencement était l’individu. Pourquoi des gens se font chier à faire du vélo par -20. Surtout avec tous les emmerdements que cela implique: froid, préparation du vélo, etc.  Sont-ce des illuminés écolo-granos à tendance masochiste en nomination pour les Darwin Awards? Nous sommes chanceux, une personne s’est penchée sur le sujet. Cela a notamment fait l’objet d’un sondage auprès d’hiverno-cyclistes multirécidivistes. Le tout fut couronné par un petit rapport très éloquent.

Premier point: le pourquoi! Les trois premières raisons de faire du vélo d’hiver sont  : 1. les déplacements plus rapides, 2. l’autonomie supérieure et 3. l’exercice physique. En ne cherchant pas trop loin, on devrait trouver les mêmes raisons pour la pratique du vélo “utilitaire” en général.

On ne parle pas vraiment d’une guerre idéologique visant la domination du monde par les deux roues musculo-propulsés! Les préoccupations environnementales arrivent en 6ème position après le plaisir du vélo (4ème) et les faibles coûts (5ème). Parlant de coûts: on associe souvent vélo à du monde pas-les-moyens-pour-s’acheter-un-char. Dans le sondage en question, plus de la moitié des répondants déclaraient un salaire annuel supérieur à 40k$.

Enfin, et c’est important à noter: c’est agréable! Alors que l’on a facilement tendance à se cloîtrer durant l’hiver, le vélo est une occasion de passer un bon moment dehors. L’activité physique permet de lutter contre le froid et du coup est relativement plus confortable que de marche (ou pire, d’attendre le bus!). C’est vivifiant, on arrive au travail, par exemple, réveillé et fier de notre trajet!

Quelque soit le sens dans lequel on prend ses données, on parle d’une pratique avant tout… pratique! C’est rapide, agréable,  simple et efficace, voilà tout.

Au plan collectif

Difficile d’éviter les arguments généraux en faveur de la pratique du vélo: c’est environnemental, c’est santé, ça met de bonne humeur, ça créé un sentiment de communauté et ça libère de l’espace. En quelques mots, ça répond à la majeure partie des problématiques rencontrées par les villes.

Maintenant, pourquoi le vélo d’hiver spécifiquement. C’est assez simple: pour que le vélo puisse effectivement jouer un rôle dans l’organisation de la ville (i.e libérer des places dans les transports en commun, enlever des voitures dans les rues), il faut que son effet se fasse sentir toute l’année. Si, au premier gel, tout le monde range son vélo, les infrastructures, les transports en commun et tout le reste doit être pensé en fonction de la charge hivernale, quand bien même ça ne dure que 3 mois par an.

Entendons-nous bien: on ne parle pas d’obliger le monde à faire du vélo. Je dis juste que pour avoir des bénéfices systémiques au vélo utilitaire, il faut qu’une partie de ses utilisateurs continuent durant l’hiver. Admettons que comme à Oulu, en Finlande, 25% des cyclistes poursuivent leur pratique l’hiver, on a quelque chose! A contrario, une pratique marginale l’hiver n’a pas d’effet positif sur l’organisation générale de la ville. Tout ceci pourrait se traduire par une baisse des coûts reliés aux infrastructures de transport.

Helsinki Tweed Run

Helsinki Tweed Run. Source: Martti Tulenheimo/CycleInHel

La sécurité

De nombreux opposants à la pratique du vélo d’hiver mettent en avant les questions de sécurité. Et là je dis WTF! Depuis quand des personnes comme Mario Dumont et ses acolytes s’intéressent à la sécurité des autres? C’est de toute évidence un argument fallacieux pour appâter le téléspectateur. Mais bon, je vais quand même élaborer sur la question.

Premièrement, comme expliqué dans le précédent billet, le vélo est surprenant de stabilité une fois bien équipé. Je sais que bien des personnes ne vont pas me croire, mais il n’y a qu’en essayant qu’on peut s’en convaincre: un vélo peut être aussi contrôlable qu’une voiture sur surface enneigée ou même un peu glacée (et au pire, il est plus facile de descendre de vélo et de marcher que de laisser sa voiture sur place). Par ailleurs, 90% du temps, les routes sont suffisamment dégagées pour assurer un contact direct avec l’asphalte. Ce n’est pas sans danger, on peu se prendre de gamelle, mais l’été ausi (depuis le temps, j’en suis à 3 chutes hors hiver et une chute d’hiver)

Ensuite, dites-moi qu’est-ce qui est plus dangereux: un 80kg de cycliste et 10kg de vélo roulant à 25km/h ou 2 tonnes de métal roulant (théoriquement) à 50km/h. Par temps difficile, la voiture est non seulement dangereuse pour les cyclistes, mais aussi pour les piétons, et pour les autres voitures. Si on veut vraiment jouer sur l’argument de la sécurité, on interdit les voitures! Avec les milliers de morts chaque année sur les routes canadiennes, la voiture est une arme de destruction massive…

Enfin, les statistiques générales démontrent que la pratique du vélo devient moins dangereuse à mesure que le nombre de cyclistes augmentent. Il va se produire la même chose pour le vélo d’hiver: les infrastructures vont tranquillement suivre, les automobilistes vont s’habituer à nous voir et le nombre d’accidents en proportion va baisser.

Comme toute nouvelle pratique, le vélo d’hiver est perçu comme bizarre. Cependant, à mesure que des “pionniers” s’y mettent, de nouvelles personnes vont se joindre au mouvement au point que cela devienne à peu près normal.

Les opposants

Je vais couvrir ci-dessous quelques uns des arguments récurrents des opposants au vélo d’hiver…

Les motos sont interdites l’hiver

Il faut avoir une incompréhension crasse des forces en présence pour confondre moto et vélo. D’abord, la majorité des motos ne peuvent pas être équipées de pneus d’hiver. Ensuite le rapport puissance/poids des deux véhicules est sans commune mesure, le couple transmis par une moto demeurant beaucoup plus difficile à doser. Enfin une moto roule à la même vitesse qu’une voiture, mais sans la carrosserie. En cas de glissade, c’est le massacre assuré. Été comme hiver, les chutes à vélo sont moins dangereuses!

On déneige les pistes cyclables avant les rues!

Ceci est factuellement faux, je n’ai jamais vu les pistes cyclables déneigées en priorité à Montréal. Mais ce serait souhaitable! D’ailleurs, ça se fait dans certaines villes scandinaves. J’ai aussi lu récemment que Chicago avait acheté du matériel spécifiquement pour déneiger les pistes cyclables.

Voilà plusieurs années, alors que le vélo d’hiver était quasi-inexistant (et le réseau de pistes moins développé), il semblait normal de ne pas investir dans le déneigement des pistes cyclables. Maintenant que le vélo prend plus de place l’hiver, il semblerait normal que les villes suivent au moins le mouvement… à défaut de l’anticiper.

C’est du gâchis d’argent public!

Certains s’émeuvent très facilement des dépenses publiques liées à la pratique du cyclisme, encore plus en hiver. Évidemment pour ces personnes, le vélo est un loisir bien particulier en ce sens qu’il écoeure le bon travailleur qui veut rentrer chez lui. Sauf que penser ainsi revient à doublement se fourrer la tête dans le fion. D’abord parce que le vélo est un moyen efficace pour déplacer. Ensuite parce que le “payeur de taxe”  contribue très très grassement aux infrastructures routières énormes qu’impliquent l’utilisation de la voiture. Dépeint à l’extrême, l’ensemble des québécois paie très cher pour les centaines de milliers de leurs concitoyens qui vivent en banlieue éloignée (exburbs).

En comparaison, le cyclisme nécessite des infrastructures plus légères, plus souples et plus durables. Enfin, si on veut jouer à ce petit jeu, les cyclistes aussi sont des “payeurs de taxe”…

Ça ralentit le trafic

La tarte à la crème universelle! Alors si vous ragez contre les hordes de vélo qui prennent d’assaut vos routes, référez-vous au point au-dessus et demandez aux gouvernements des investissements en matière vélo… ça en fera moins sur vos routes.

En condition hivernales, les cyclistes empruntent effectivement plus les routes puisque les pistes cyclables ne sont pas déneigées. Par ailleurs, nous avons tendance à rouler plus au milieu de la route car les bords de rues sont plus dangereux. Cependant, dans un contexte urbain, les cyclistes n’ont pas d’effet majeur sur le trafic routier. Ça me fait toujours sourire lorsqu’une voiture me dépasse rageusement (parfois en me serrant au-delà de ce qui est sécuritaire justement), pour que je la dépasse de nouveau 100 mètres plus loin… prise qu’elle est à un stop.

Ce qui crée de la congestion routière, ce ne sont pas les cyclistes, ou si peu, ce sont les autos! Alors c’est plus facile de pointer un élément particulier et de se venger dessus que de réfléchir à un problème systémique… pourtant c’est bel et bien un problème systémique. Les problèmes de trafic, tout comme les décès par accidents, sont un corollaire de l’automobile, volontairement ignorés au profit de causes qui semblent plus facile à contrôler… comme le vélo d’hiver.

You are not stuck in the traffic, you ARE the traffic

You are not stuck in the traffic, you ARE traffic

Mais au fait, pourquoi tant de haine ?

Parfois je me demande pourquoi tant de haine contre “nous”. Là encore, entendons-nous bien: 95% des automobilistes tolèrent très bien les cyclistes, hiver comme été. Mais pourquoi le 5% restant, ainsi que certains “commentateurs” radio et télé, sont aussi vindicatifs?

Est-ce de la jalousie de nous voir prenant du plaisir à faire du vélo et dans le même temps être plus rapides? Est-ce une crainte de voir le modèle dont ils font partie être remis en cause par une vision moyenâgeuse? (Argl, un vélo, faut-il retourner à l’époque où il fallait faire un effort pour se mouvoir? Où est la modernité?) Ou est-ce un exutoire pour toute cette frustration accumulée dans la congestion et qui brûle tout ce qu’elle touche? Sûrement un peu de tout cela je suppose.

En conclusion…

La certitude que j’ai, c’est que chier sur les cyclistes est totalement contre-productif. D’abord parce que cela antagonise les relations. Les automobilistes n’aiment pas les cyclistes, ces derniers le leur rende bien… et n’oublions pas les p***** de piétons dans le portraits! Ce n’est pas par des vociférations que la situation va s’améliorer, au contraire! Que les cyclistes doivent améliorer leur comportement me semble assez clair. C’est quelque chose qui se fait naturellement, justement avec l’augmentation de l’utilisation. Les pouvoirs publics peuvent aider en offrant des infrastructures de qualité et en adaptant les règles… et pourquoi pas un peu de coercition s’il le faut.

Le but n’est pas de convertir la Terre entière, ni de forcer des octogénaires maladifs à faire du vélo d’hiver pendant que nous mangeons leurs arrière-petits enfants. Le but est de favoriser une pratique qui peut compléter d’autres stratégies de déplacement des personnes. Parfois, je me sens con de me fendre de (longs) textes pour défendre la pratique de vélo d’hiver. Je n’ai pas besoin de la bénédiction de la Terre entière pour me déplacer efficacement tout en me faisant plaisir et normalement je suis assez bon pour ignorer le venin qui sort des gueules puantes de frustration de certains ou simplement à la recherche d’un meilleur bbm. Le problème c’est que les propos les plus vindicatifs finissent par des concours comme Klaxonnons un cycliste qui sont dangereux en plus d’être stupides.

Par ailleurs, cette petite chose conne à deux roues où je passe quasiment une heure par jour (ce n’est pas rien) est un élément non-négligeable dans cette équation immense qu’est la question du transport. Vous savez, cette question qui fait rager tant de monde, qui est l’activité la plus désagréable de la journée pour beaucoup, un facteur stressant majeur qui raccourcit les journées de chacun et transforme la journée en course. Bref, on ne résoudra pas les problèmes de faim dans le monde ni d’itinérance en faisant du vélo, mais la pratique du vélo d’hiver se place malgré tout dans une réflexion d’ensemble sur une problématique qui touche quasiment toute la population active, tout en se faisant plaisir.

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Le vélo, une nouvelle religion?

February 19th, 2012 Stephane No comments

Petit intermède entre mes deux billets consacrés au vélo d’hiver. Encore des histoires de vélo cependant. C’est une proposition de lettre envoyée à certains journaux (mais qui malheureusement je ne semble pas avoir passé la coupure).

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Récemment, Mario Dumont assénait que le « vélo ce n’est pas un mode de transport, c’est une religion ». Une belle parabole pour montrer à quel point les cyclistes se braquent contre lui lorsqu’il s’en prend à la place du vélo dans la société. 

Si les cyclistes, comme moi, sont furieux contre M. Dumont, c’est que son langage participe à nous mettre en danger sur la route! Les propos du type « il existe déjà 3 saisons par an où les vélos peuvent nous écœurer sur les routes », ne font qu’augmenter l’intolérance envers les cyclistes dépeints comme des écoeurants qui n’ont rien à faire là. Ces diatribes sont dans la même lignée que ces animateurs de CHOI Radio X qui ont lancé l’année dernière une campagne « Klaxonnons les cyclistes » et qui a résulté en une hausse des gestes dangereux envers les cyclistes.

Les tenants de ce discours ne font que polariser la relation entre automobilistes et cyclistes alors que nous sommes rendus au temps des solutions pour un meilleur partage de la route. Le vélo utilitaire est désormais une réalité incontournable et surtout une partie de la solution aux problèmes de transport que nous vivions quotidiennement. Chaque cycliste, c’est une place de plus dans les transports en commun ou une voiture de moins dans les embouteillages. Qu’il faille améliorer le respect des règles par les cyclistes est certain, mais ce n’est pas par l’insulte que ça se fera.

M. Dumont et les autres personnes se plaignant de la place que prend le vélo participent à envenimer les relations entre automobilistes et cyclistes, tout en se rangeant du coté du statu quo, celui des embouteillages et de la frustration. En tant que citoyens, nous méritons mieux que cela.

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Vélo d’hiver, 1ère partie – la technique

February 15th, 2012 Stephane No comments

Je me lance dans la rédaction de deux billets sur le vélo d’hiver que j’ai pratiqué à trois reprises au cours des 5 dernières années. L’objectif est double: permettre à ceux qui sont curieux de comprendre ce que cette pratique implique et répondre aux tristes sires qui nous traitent de suicidaires en puissance.

Le premier billet couvre les questions d’ordre techniques tandis que le second s’intéressera plus à la philosophie qui s’y rattache.

Plusieurs questions techniques, spécifiques à la pratique hivernale, doivent être abordées. Nous procéderons à l’analyse coût-bénéfice de cette pratique en trois parties: la monture, le monteur et enfin l’absence de mutation génétique d’équilibriste pour faire du vélo d’hiver.

Ze vélo

L’hiver québécois et surtout les produits utilisés pour lutter contre la glaciation terrestre sont particulièrement éprouvant pour le véhicule musculo-motorisé qu’est le bicycle. Les voitures bénéficient de traitements anti-rouille extensifs (et coûteux) mais ceci n’est pas applicable au vélo, du moins pas à ma connaissance. Deux catégories de tactiques ont été développées contre cet état de fait: choisir une vieille picouille qui vivra un voire 2 hivers ou prendre un vélo acceptable et le préparer pour une lutte sans merci avec son pire ennemi, la rouille.

Jusqu’ici, j’avais opté pour la première technique, mais ça me semblait particulièrement peu durable. Donc pour la première année, j’utilise un vélo acceptable (et même bon) que j’ai spécifiquement choisi en vue de  faire du vélo d’hiver, que j’ai préparé et que j’entretiens en fonction.

Le blanc destrier

Mon vélo de base est un Giant Seek 1 avec freins à disque hydrauliques et vitesses intégrées au moyeu Alfine. Ce choix est lié à la pratique hivernal et plus généralement au conditions difficiles. Les freins à disque offrent une capacité de freinage douce mais constante. Jusqu’ici c’est à la hauteur de mes attentes, ils ne m’ont jamais pris en défaut. La transmission hydraulique  me faisait un peu peur dans les froids extrêmes. La gâchette se fait plus ferme vers -15, mais ça demeure pleinement fonctionnel.

Bon niveau de satisfaction au niveau du changement de vitesse. Sur mes précédentes montures, le changement de vitesse devenait inutilisable assez rapidement à cause de l’exposition du mécanisme à toutes les saloperies de la Terre. Le système intégré au moyeu reste à peu près efficace  en tous temps. Seul bémol: la transmission par câble reste le point faible. En cas d’accumulation de sloche séchée en sortie de la gaine, il devient plus difficile de descendre les vitesses  (aller vers des plus petits développements). Ceci dit je ne me suis jamais retrouvé bloqué dans une vitesse non plus, parfois il faut descendre des 2 ou 3 vitesses (au lieu d’une) pour débloquer le mécanisme.

Le cadre est en alu et plusieurs pièces en inox sauf les rayons et les jantes qui devront surement se faire changer assez rapidement.

Giant Seek

Le blanc destrier, en tenue d'été

Préparation et entretien

Les années précédentes, j’avais conserver mes pneus réguliers. Ce n’était pas une bonne idée. J’ai donc suivi les conseils des habitués sur forum facebook de vélo d’hiver et j’ai opté pour des Schwalbe CX Pro 700×30, des pneus sans clou mais adapté à la neige. Avec les épisodes de pluie verglaçante tôt dans l’année, j’ai voulu essayer des pneus à clou mais la plupart des endroits proches de chez moi étaient en rupture de stock pour le modèle que je cherchais (preuve de l’engouement du vélo d’hiver) . Je suis resté avec les CX pro.

En matière de préparation, j’ai mis de la graisse blanche sur la majorité des pièces susceptibles de corroder ou de serrer. Ça inclue tous les systèmes mobiles (assez peu nombreux sur ce vélo) comme le câble de changement de vitesse. La lubrification habituelle de la chaine est insuffisante (lubrifiant sec), il faut passer à quelque chose de plus sérieux (lubrifiant all-weather cross-country).

Enfin, pour ce qui est de l’entretien régulier, chacun y va de sa méthode, le tout dépendant des conditions de stockage du destrier. Habituellement il est conseillé d’éviter les changements de température, notamment lorsqu’il y a de la sloche salée sur le vélo qui va fondre et propager des agents corrosifs dans les moindres recoins. Chez moi j’ai un stationnement couvert mais à température ambiante. Lorsqu’il fait froid, je me contente de brosser le pelage de mon destrier pour retirer le gros de la neige/sloche qui s’est accumulé. Si la température le permet, je remplis un seau d’eau chaude et le rince abondamment puis le sèche avec un chiffon pour éviter que l’eau ne gèle. Au travail, j’ai un stationnement souterrain chauffé. Là aussi, en cas de sloche, je brosse l’ensemble du vélo et essaie d’enlever autant de liquide que possible à l’aide d’un torchon.

L’hiver est encore jeune, mais jusqu’à présent mon vélo semble mieux résister que les autres années aux agressions corrosives. La fin de l’hiver, c’est-à-dire lorsque les rues auront perdu une large partie de leur calcium/sel/gravier, sera l’occasion d’un grand nettoyage de printemps pour retirer graisses et lubrifiants.

Les fringues

Chacun sa méthode pour les stratégies vestimentaires. Cela se décline différemment selon l’usage que l’on en fait. Le cycliste d’hiver touristique qui grosso modo fait deux trajets par jour en se changeant entre les deux a moins de paramètres à prendre en compte que les cyclistes d’hiver professionnels (principalement les coursiers) qui doivent passer leurs journées sur leur destrier avec des alternances d’effort et de repos/refroidissement. Je ne couvrirais que l’aspect de l’hiverno-cyclo-touriste. Dans ce cas-ci, on peut séparer  la problématique vestimentaire en trois partie: Le corps, la tête et les extrémités des membres.

Le corps

Assez simple en fait: l’activation physique provoquant un dégagement de chaleur assez rapide, il ne faut pas trop s’inquiéter d’avoir froid. Le but consiste donc à empiler les pelures d’oignon, avec une des pelures qui bloque le vent. Lorsque le temps est sec, mes épaisseurs classiques pour le haut du corps sont un T-shirt, un col-roulé léger, un vêtement coupe-vent assez ajusté et un pull en laine ou en polaire. Notez qu’il serait préférable d’inverser les deux dernières couches, mais mon coupe-vent est trop ajusté. Il est utile de prévoir  des vêtements qui s’ouvrent, on se retrouve facilement trop habillé après 10 minutes d’effort soutenu.

Pour le bas du corps c’est encore plus simple: des collants de vélo Sugoi avec par-dessus un pantacourt qui n’ira pas se mettre dans la chaine très huileuse en cette période de l’année. Il est assez facile de garder un simple pantalon ou même les mollets nus par -5 et même -10 sans vraiment en souffrir.

Si le temps est d’humeur humide (neige ou pluie), j’utilise mes vêtements de ski. Notez bien que ce n’est pas optimal car trop épais et trop chaud, surtout en haut, mais ça fait l’affaire dans mon cas.

Dans tous les cas, les vêtements complètements étanches (tissus qui ne respirent pas) sont à proscrire: la transpiration ne s’évacue pas, on finit mouillé mais de l’intérieur!

La tête

En fonction de la température, un bandeau pour protéger les oreilles ou un bonnet fin en spandex se glissant sous le casque font l’affaire. Pour les froids intenses (inférieur à -15), il peut être plus confortable de protéger le bas du visage aussi avec un grand cache-coup que l’on remonte jusqu’au nez, un protège-visage ou une cagoule. Pour les hommes, le système pileux facial peut offrir une protection d’appoint non négligeable. Je parle en connaissance de cause.

Enfin concernant les yeux, ça dépend de la sensibilité de chacun. Personnellement j’ai les yeux qui pleurent facilement. Donc selon la température et la couleur du ciel, j’opte pour des lunettes de soleil, des lunettes de vélo ou carrément un masque de ski lorsqu’il fait -10 ou moins. Comme pour le corps, le froid au niveau de la tête ne m’a jamais paru problématique.

Les extrémités

C’est le nerf de la guerre. Lors de ma première saison de vélo d’hiver, je me suis fait des engelures assez sévères aux mains par négligence et maintenant ces dernières reviennent très rapidement. Outre les engelures, avoir froid aux mains ou aux pieds peut simplement rendre l’aventure désagréable! Là encore, je ne prétend pas avoir la solution magique, mais c’est suffisant dans mon cas.

Les pieds: Des chaussettes régulières et des demi-bottes d’hiver Rime Ridge (waterproof jusque sur le dessus du pied) de marque Timberland. Très confortable et suffisamment chaud. À noter qu’en cas d’épisode ultra-slocheux, ces bottes ne sont pas assez étanche car le jus de sloche arrive de partout. Il faut donc que j’opte pour mes protège-chaussures MEC qui sont trop petits pour aller avec les bottes. Mais habituellement “super sloche” signifie températures pas trop froides, donc je peux alors troquer mes chaudes bottes pour des chaussures.

Les mains: Ça demeure mon principal problème en vélo d’hiver. J’ai opté pour des gants à trois doigts que je double avec de fins gants en soie au besoin. Ça fait l’affaire même par froid très intense, mais il ne faudrait pas que mon trajet dure une quinzaine de minutes de plus.

Quoiqu’il en soit, il est utile d’avoir plusieurs paires de gants, idéalement plus ou moins chauds et de choisir en fonction de la météo. En effet, des gants trop chauds font transpirer… et donc avoir froid après. Lors d’épisode pluvieux (ça arrive), les gants seront mouillées et donc inutilisable le lendemain. Bref, plusieurs paires de gants.

Hit the road jack

Tout ça pour donner quoi? Eh bien ça donne une expérience assez agréable. La principale question soulevée par la pratique du vélo d’hiver est celle de la sécurité. Voici quelques commentaires sur le sujet.

Premièrement, il est important d’être équipé. En l’occurrence, même si je n’ai pas de pneus à clous, mes CX pro m’offrent une adhérence impressionnante. Pour avoir faire l’essai, j’ai roulé sur des plaques de glace sans difficulté. Il m’est arrivé certains jours de voir des voitures patiner au démarrage (en montée) alors que de mon coté, je démarrais sans difficulté. Évidemment, le fait de contrôler directement le couple transmis à la roue plutôt que de passer par une pédale d’accélérateur permet de beaucoup mieux sentir la limite d’adhérence au sol. Pareillement pour le freinage où on sent nettement plus vite les conditions à risque.

Ensuite, dans le cas des pneus assez fins, la pression infligée par la roue sur la neige tend à creuser un sillon, ce qui évite les glissades de coté en situation neigeuse. Contrairement aux pneus larges des voitures qui restent sur la neige et donc glissent plus volontiers, les pneus de vélo vont chercher le plus possible un bon contact avec le sol, le vrai.

Enfin nous pouvons remercier notre ami l’effet gyroscopique sans qui le vélo serait à peu près impossible. Cet effet se fait sentir d’autant plus en situation précaire. Là où un piéton, à chaque pas, créer une poussée déséquilibrante vers l’avant (et donc risque à chaque pas de glisser), le cycliste lui bénéficie de l’effet stabilisateur de ses roues en rotation dont la poussée est à peu près constante. Bref, le fait d’être en mouvement est gage de stabilité. Là encore pour m’amuser je suis passé sur des plaques de verglas dans un parc. Tant que le sol n’est pas en devers et qu’on ne cherche pas à changer de direction trop brusquement, l’équilibre se maintient assez bien, même là où il serait difficile de marcher.

L’idée n’est pas de dire que les risques de chute n’existent pas; plusieurs cyclistes d’hiver tombent et cela m’est arrivé la première année (avec des pneus inadéquates). Cependant, il est important de souligner que l’entreprise est moins périlleuse qu’elle peut en avoir l’air. Rouler sur des surfaces légèrement enneigées  n’est pas beaucoup plus difficile que sur route sèche. Avec un peu d’entrainement cela devient agréable et suffisamment sécuritaire. Par ailleurs, les routes sont dégagées 90% du temps. Ensuite, il faut adapter sa conduite, comme les voitures d’ailleurs: ralentir, être vigilant à l’état de la chaussée et choisir sa route en fonction des conditions (personnellement je n’opte pas pour les mêmes trajets selon qu’il neige activement ou que les routes sont dégagées).

Avec tout ça en main, il est possible de profiter de l’hiver sur 2 roues.

Enfin il existe d’autres sources d’informations, par exemple :

  • MEC
  • Des conseils de pro (surtout pertinent en matière de vêtements pour ceux qui ont des trajets plus long ou des alternances effort/repos)
  • Le forum facebook dédié au vélo d’hiver à Montréal est très utile (et sympa)
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Rapport de gendarmerie – 6 janvier 2012

January 6th, 2012 Stephane No comments

Le rapport de gendarmerie est un exercice de style visant à noter consciencieusement tous les événements d’une journée dans le but de donner une idée fidèle de la vie quotidienne à une époque donnée. Le premier date d’il y a 3 ans (je l’aurais bien lié, mais je découvre que mon ancien blogue a visiblement été hacké…). L’inspiration vient de Laurent (qui d’ailleurs n’en a pas fait depuis bien longtemps). Bonne plongée dans notre quotidien.

5h55: Réveil d’Axel. Stress, va-t-il prendre du lait? Va-t-il accepter de se recoucher? Femme se lève et amène Axel dans le salon, première bonne nouvelle pour mon sommeil.
6h10: Femme revient au lit après avoir posé Axel dans son lit. Yes! me dis-je. Pourtant on l’entend encore faire du bruit dans sa chambre… tout n’est pas gagné. Par ailleurs Femme me glisse que la nuit a été assez pénible, 5 ou 6 réveils d’Axel (je n’ai rien entendu évidemment).
6h12: Axel fait encore du bruit et Arthur commence à chantonner dans son lit. C’est là que tout peut déconner. Ils peuvent se maintenir éveiller l’un l’autre et là c’est le lever assuré.
6h15: Silence radio, on peut espérer dormir 3/4 d’heure de plus (la durée d’un cycle d’Axel qui tomberait également sur l’heure de réveil d’Arthur)
6h56: Arthur rapplique dans notre lit pour son calin matinal. Il a 4 minutes de retard sur son heure habituelle, celle de son lapin-réveil. Il devait être vraiment distrait pour être aussi en retard.
7h00: Réveil en trombe d’Axel. J’avais quand même l’espoir qu’il fasse deux cycles de sommeil car il est assez fatigué ces temps-ci.
7h01: Je m’extirpe du lit pour aller chercher Axel.
7h02: Je pose Axel dans son petit transat. Pipi. Mouchage.
7h04: Je regarde mes courriels car j’attends quelques nouvelles, notamment de France… mais rien.
7h07: Femme se lève avec Arthur, ils nous rejoignent dans le salon, lugubre avec un éclairage minimum.
7h08: Femme prend Axel dans ses bras. À l’image des deux derniers jours, il ne tient pas plus de 5 minutes seul sans me mettre à crier. Rapidement, Femme se retrouve avec Axel et Arthur sur les genoux, dans la chaise berceuse.
7h09: Je vais prendre Axel et marche avec, c’est ce qu’il y a de mieux pour le calmer. Arthur me demande d’aller faire de l’ordi. Évidemment c’est un piege pour me faire asseoir et pouvoir jouer avec Axel.
7h10: Arthur veut faire du iPad, Axel pousse ses fameux cris stridents.
7h12: Changement de couche d’Axel. Il joue avec ses pieds puis crie de nouveau. Il a décidément la mèche courte ce matin.
7h19: J’ai de nouveau Axel dans les bras. Sur l’ipad, Arthur regarde les aventures d’Oso Berni, son nouveau meilleur ami d’iPad.
7h25: Axel ne manque pas de régurgiter, je le refile à Femme. J’ai déjà le système nerveux en surchauffe.
7h26: Je nourris le chat et lui file de l’eau.
7h28: J’appelle ma Môman car elle a laissé des messages vocaux hier. Elle n’a pas reçu ce que je lui ai envoyé qu’elle ne sait pas que je lui ai envoyé (bref, une surprise). Femme s’assoie avec Axel, ce qui a pour effet de le faire crier.
7h30: Fin de la séance d’ipad pour Arthur
7h35: Pendant l’appel téléphonique, Arthur me demande le miroir. Je l’aide à le trouver.
7h40: Axel crie… Ça n’aide pas les conversations téléphonique.
7h43: Fin de l’appel téléphonique
7h44: Femme met Axel en écharpe pour essayer de préserver nos oreilles, c’est là qu’il est le moins malheureux par les temps qui courent.
7h48: Mollement, nous mettons la table.
7h50: Arthur s’allonge sur le futon en disant qu’il est fatigué.
7h51: Soudainement, Arthur n’est plus fatigué. Il se raconte des histoires de méchant coquillage géant qui est ami avec Gargamel, tout en se promenant dans l’appartement avec son miroir.
7h55: Après 10 minutes de négociations intermittentes, Arthur accepte qu’on lui mette des chaussettes.
7h57: Nous sommes sur le point de petit-déjeuner et Arthur demande à regarder les Schtroumpfs.
8h00: Arthur fait une crise de Schtroumpf puis de lait après que nous lui ayons intimé de passer à table.
8h03: Il finit par se mettre à table, à reculons. Axel est déposé dans son transat et se voit proposer des céréales en purée.
8h04: Question arthurienne du jour: pourquoi les rois mages sont morts? Réponse: parce qu’ils sont nés il y a très très très longtemps. Par chance pour nos neurones embrumés, il ne renchérit pas sur une autre question.
8h09: Femme est tanné d’entendre le crieux crier, il est en train de s’énerver sur ses céréales. Elle décide de l’allaiter… et se fait mordre. Probablement parce qu’Arthur dérangeait tout ce beau monde.
8h17: Axel mange un peu plus calmement, le lait maternel a des vertus apaisantes évidentes. Arthur se papillonne dans l’appartement avec un truc en plastique sur la tête en disant qu’il est un fantôme.
8h28: Axel mange en me souriant, non sans crier par intervalle.
8h31: Fin du petit dej’. Fiston s’invente des histoires de déguisement. Axel dans son transat, joue en criant.
8h34: Arthur s’essaie à écrire sur mon clavier d’ordinateur, j’essaie de mon coté de lui faire comprendre que ce n’est pas une bonne idée. Axel s’énerve sur son champignon en plastique qu’il mâchouille frénétiquement.
8h35: Femme évalue les gencives d’Axel. Verdict: horrible. Il a la mèche vraiment courte, inhabituel pour lui qui est assez tolérant habituellement.
8h36: Arthur a lâché mon laptop et s’est rabattu sur son petit ordi d’enfant. Femme donne du tempra à Axel, espérant ainsi rallonger sa mèche courte.
8h37: Je charge Axel à dos d’homme. Voilà 1h30 qu’il est réveillé, il est temps qu’il dorme et pour ça rien ne vaut un tour en écharpe.
8h44: Pendant que je déambule dans l’appart avec Axel sur le dos, Arthur joue en s’imaginant des histoires et Femme dessert la table.
8h50: Axel s’endort sur mon dos après s’être quelque peu débattu.
8h52: Femme m’aide à transférer Axel de mon dos au lit. Mission réussie.
8h54: Arthur demande une collation alors qu’il n’a pas voulu manger voilà quelques instants de ça.
8h57: Brossage de dent. Je ramasse quelques unes de mes loques qui trainent au sol. Arthur propose d’empiler les deux télés l’une sur l’autre pour pouvoir regarder deux choses en même temps et ne pas jeter l’ancienne. Bonne idée mais plutôt instable lui dis-je.
9h02: Grosse affaire aux toilettes
9h12: Habillage. Femme et Arthur peignent des globules rouges.
9h15: Ordinateur. Je ferme des onglets firefox et je regarde compulsivement mes courriels. Toujours rien. Et je déteste Colissimo.
9h22: Pendant qu’il peint, Arthur nous fait un petit coup de “je ne veux plus voire unetelle, ce n’est plus mon amie”, alors qu’il demandait à la revoir hier. Une façon de gérer ses déceptions.
9h28: Réveil d’Axel… plus court que sa normale de quelques minutes, dommage.
9h29: Calin de tous les garcons de la maison sur le futon pendant que Femme est au téléphone
9h35: Je promene Axel “à bras” dans la maison.
9h40: Ses cris me tapent sur le système. Femme prend Axel. Je m’occupe de la litière du chat. Arthur nous dit qu’il a rêvé qu’il dormait dans un Babibel… alors qu’il mange un Babibel.
9h48: Femme se lève de sa chaise, Axel la gratifie d’un immense régurgis nécessitant un changement de vêtement.
9h50: Axel est posé sur son tapis d’éveil, Arthur s’occupe de l’occuper jusqu’à ce qu’il (Arthur) se rappelle qu’il veut encore faire du iPad.
9h52: Arthur a oublié qu’il voulait l’iPad, tant mieux car on aurait refusé. Séance de cache-cache familial dans l’appart.
10h03: Arthur et Femme font une partie de bisous-dodo. Axel mange frénétiquement son champignon en plastique tout en criant par intermittence.
10h04: Verre d’eau. Arthur refuse de jouer à bisous-dodo selon les règles.
10h07: Compulsion de courriels. Toujours rien.
10h10: Axel ne tolère plus son transat au bout de 10 minutes. Je le prends et me fais gratifier à mon tour d’un regurgis. Plus petit cependant.
10h15: Finalement Femme prend Axel.
10h21: Après une n-ième tentative, j’arrive à imprimer un cadeau pour l’anniversaire de Femme (qui est aujourd’hui).
10h22: Arthur découvre un pot magique avec plein d’objets pour faire des bricolages, ça semble faire son affaire.
10h28: On se prépare pour aller à un brunch familial pour l’anniversaire de Femme. J’habille le crieux.
10h35: Arthur sert de passe-temps à un Axel gisant au sol saucissonné dans son habit d’hiver.
10h38: Départ général.
10h58: Arrivée à Grand-mère poule sur Masson, non sans s’être perdu dans de nombreux culs-de-sac. Axel avait son bonnet sur la face, il pouvait bien être frustré mais n’a quasiment pas crié pourtant.
11h02: Dans la panique de la sortie de voiture, nous avons oublié de payer le parcomètre. Je ressors tandis que Femme essaie d’endormir Axel en écharpe en plus de surveiller Arthur.
11h07: De retour du dehors.
11h12: Réception d’un courriel que j’attendais mais pas parmi les plus importants… Intéressant quand même. Ça calme un peu ma compulsion de courriel.
11h16: Arrivée de la mère et du frère de Femme. On peut commander!
11h27: Axel dort sur femme, condamnée à rester debout. On commande, des oeufs benedictines pour moi. Grilled cheese en haute priorité pour Arthur qui meurt de faim.
11h29: Déballage des cadeaux de Femme.
11h31: Finalement femme s’assoit bien qu’ayant Axel en portage ventral. Ça ne va surement pas durer longtemps.
11h47: Arrivée des assiettes. Fiston veut un  bagel au beurre d’arachide après son grilled cheese.
11h50: Axel est réveillé. Ce fut effectivement court mais comme à son habitude, il se réveille tout sourire.
11h57: Axel est mis dans une chaise haute. Un peu de criage pour rappeler qu’il existe.
11h59: Femme sort son attirail de jouets pour Axel. Il s’entiche d’une sorte de suce semi-rigide pour se faire les dents, pas surprenant.
12h02: J’ai pris un petit-dej léger en vue du brunch; moralité j’ai encore très faim et je commande une assiette de pain doré.
12h11: Je suis servi! Arthur menace de tout détruire dans le restaurant.
12h20: Je finis de manger, ça fait du bien! Arthur déambule dans le restaurant. Grand-maman s’occupe d’Axel.
12h25: Axel décolle les tympans de sa grand-maman, surement parce qu’elle est trop assise, crime inacceptable quand on s’appelle Axel. On se prépare à partir.
12h35: Départ général après avoir habillé le petit et le grand monde.
12h37: Sur le chemin de la voiture, dans le froid mordant, Arthur fait une crise de “je veux la main de Maman” alors que Maman porte Axel dans ses bras. Il se résigne à prendre ma main, que la vie d’un petit garçon est remplie de frustation… la main de papa, pouah.
12h45: Nous sommes saisis par le froid, Femme se sent mal, et tout le monde étant fatigués, nous décidons de rentrer à la maison plutôt que d’enchainer avec la bibliothèque comme prévu.
13h00: Arrivée à la maison, nous sommes frigorifiés. Femme met le foyer.
13h03: Femme allaite Axel. Arthur fait pipi. Moi aussi.
13h04: Arthur veut faire de l’iPad.
13h06: Mes engelures aux mains provoquées par le vélo me font un peu mal, j’essaie d’améliorer leur sort à grand coups de Nivéa.
13h10: Femme chante des chansons à Axel qui est allongé sur ses cuisses. L’allaitement fut difficile mais il semble heureux.
13h16: Je me décide à mettre un peu de musique, il parait que ça adoucit les mœurs.
13h17: Fiston profite de sa séance d’iPad. Il jongle entre Youtube, photo booth et des jeux pour enfants.
13h20: Fin de la séance d’iPad. Femme prend des Tylenol, elle se sent fébrile et avec des courbatures. Ça augure mal.
13h26: Femme va aider Arthur à faire dodo… et essayer de faire dodo avec lui. Moi je prends Axel en écharpe en ventral pour le faire dormir aussi.
13h32: Axel se débat dans l’écharpe et crie à l’occasion. Ça promet pour espérer qu’il dorme, en plus d’également empêcher Arthur et Femme de dormir.
13h35: Axel se calme. Je peux prendre mon Petit cours d’autodéfense en économique et le lire par-dessus son épaule.
13h42: Axel dort finalement.
13h45: Je dépose Axel dans son lit: success (ce qui n’est pas gagné)
13h48: Je me mets un petit Through the wormhole à propos des trous noirs avec le casque d’écoute.
14h10: Ma mère appelle, je sors de l’appart et m’assois dans le couloir pour lui parler. Elle a enfin reçu sa surprise: un nouveau laptop. C’est pas trop tôt! Je déteste moins Colissimo.
14h26: Fin de l’appel maternel, je retourne dans l’appartement.
14h29: Bon timing, Axel se réveille, je vais le chercher. Femme sort de la chambre en même temps. Elle a un peu dormi.
14h31: Je continue à écouter mon émission en déambulant avec Axel dans les bras, il se décroche le cou pour regarder la télé.
14h39: Réveil d’Arthur. Surprenant, vraiment court pour lui. J’arrête mon émission.
14h43: Arthur demande de l’eau.
14h45: Arthur demande à voir Oso Berni (Youtube) sur la télé. On accepte.
14h46: Femme arrive à allaiter (difficilement) Axel, qui semble vraiment inconfortable de la bouche.
14h52: Je prends Axel et le promène.
14h58: J’ai un rendez-vous à 15h30 au centre-ville. J’annonce à Femme que je vais bientôt me préparer.
15h01: Je reçois un courriel, la réunion est reportée de 15 minutes. Ça m’arrange, j’étais déjà en retard.
15h14: Je me prépare pour faire du vélo.
15h20: J’enfourche mon blanc destrier et file sur la neige fraiche. Malgré le -11 au thermomètre, les conditions sont très agréables.
15h29: Je descends Hotel-de-ville puis Roy, Des Pins, Milton pour arriver sur University, mon point de rendez-vous.
15h46: Arrivée à ma rencontre, en retard d’une petite minute.
16h30: Je prends congé de mes interlocuteurs après une bonne réunion, il faut que je sois de retour vers 17h.
16h57: Je m’arrête chez Fou Dessert pour acheter un gateau d’anniversaire (qui n’est autre qu’une galette des rois). En bonus j’achète des sablés nappés au chocolat.
17h12: Arrivée à la maison. Femme regarde les Schtroumpfs à la télé avec Arthur. Axel est dans son transat. Il a aussi fait une sieste en mon absence, ce qui est bon. Femme se sent toujours coussi-coussa.
17h13: Je demande un sceau d’eau chaude à Femme pour aller rincer mon vélo.
17h15: Rinçage et séchage en bonne et due forme pour éviter que le sel n’attaque le vélo.
17h28: Tant qu’à être habillé, je sors les poubelles.
17h38: Je m’attaque au repas (un pad thai) pendant que Femme s’occupe des enfants.
17h46: Finalement je prends Axel sur le dos pour permettre à Arthur de jouer avec sa Môman.
17h47: Je mets les nouilles de riz au bain-marie, j’ai un peu de temps avant de faire le reste.
17h48: Je décide de finir mon épisode de Through the wormhole.
17h59: Fin de mon émission. Je commence à découper et faire cuire la viande.
18h04: Merde j’ai oublié les oignons. Go go go, coupage d’oignons.
18h11: Femme commence à être tannée de jouer avec Arthur (même jeu à répétition je suppose), elle vient s’enquérir de l’avancement du repas.
18h16: Encore une mauvaise surprise: le sachet de sauce Pad thai sert à cuisiner un demi sachet de nouilles… sauf que j’ai mis toutes les nouilles. Oops. Je vais rallonger la sauce comme je peux.
18h28: Fiou, c’est prêt. Arthur ne veut pas arrêter de jouer avec Femme. Axel a incroyablement bien fait ça sur mon dos en restant éveillé et calme tout le long.
18h29: On passe à table. Arthur refuse de manger, évidemment il n’aime pas le Pad thai qu’il n’a jamais gouté. Il gêne Axel qui essaie de manger de la clémentine dans son filet à bébé.
18h31: Arthur demande un bagel avec du beurre d’arachide, genre. Tout ça parce que pour le convaincre que c’était bon, j’ai dit que j’ai mis du beurre d’arachide dans le pad thai.
18h35: Monseigneur accepte de passer à table. Nous profitons de notre bon repas, la sauce Pad thai rallongée est pas mal bonne.
18h41: Après plusieurs tentatives variées, Arthur accepte du yahourt.
18h42: Finalement il goute le Pad thai et en mange quelques bouchées tout en maintenant qu’il n’aime pas ça. Devant cette position intenable, il passe au yahourt pour ne pas perdre la face.
18h43: On passe au dessert. Deuxième galette des rois en autant de jours. Bonne mais celle de de Gascogne est meilleure. Cette dernière est plus radine en frangipane, mais la frangipane est meilleure. On déguste avec les sablés nappés au chocolat.
18h50: Arthur essaie un jeu de domination sur Femme en posant son pied sur elle, pour jouer. À chaque fois qu’elle l’enlève, il revient à l’assaut.
18h51: Après s’être fait menacer de voir sa chaise déménager à l’autre bout de la table, il finit par arrêter son jeu de pied, non sans grogner.
18h53: Axel s’énerve sur son filet de clémentines.
18h55: Sortie de table. Femme allaite le petit. Arthur annonce qu’il va faire caca.
19h00: Enclenchement de la procédure de fin de journée. Je vais m’occuper du bain d’Axel pendant que Femme donne son lait de fin de journée à Arthur.
19h10: Axel est déshabillé et prêt à mettre au bain. Il semble de meilleur humeur depuis mon retour.
19h12: Bonne séance de jeu dans le bain. Je lui présente Monsieur cochon-sale-qui-devient-propre-dans-l’eau-chaude en l’absence de Bébé grenouille, son ami de bain préféré qui doit être égaré quelque part.
19h15: Axel était très content de rencontrer Monsieur Cochon et de le machouiller, mais cela ne remplacera pas Bébé Grenouille qu’il faudra bien retrouver.
19h20: Femme débarque avec Arthur qui saute dans le bain avec Axel.
19h23: Je sors Axel du bain et le donne à Femme qui va s’occuper de le coucher.
19h26: J’accède à la demande d’Arthur d’aller dans le bain avec lui. On est en vacances, on a le temps.
19h29: Séance de jeu avec les doigts dans le bain. Et vas-y que mes doigts sont Gargamel et les Schtroumpfs.
19h45: J’en profite pour me laver.
19h50: Je lave Arthur.
19h56: Il doit avoir eu son compte de jeu car il sort du bain en même temps que moi alors que je lui proposais de rester un peu.
19h58: J’habille Arthur dans sa chambre.
20h02: Je m’éclipse pour aller moi-même m’habiller dans ma chambre. Femme a réussi à coucher Axel.
20h03: Début des histoires. Arthur va se chercher une baguette (pour manger) afin d’en faire sa baguette magique.
20h05: D’un coup de ladite baguette, il fait apparaitre une histoire de la Fée coquillette qu’il veut que je lui lise. D’où la baguette.
20h15: On enchaine ensuite avec un Samsam et un livre d’exploration. Pendant que je lis, Arthur continue à faire des tours de magie. Il est bien drôle.
20h23: Petit pipi d’Arthur avant le dernier droit.
20h26: Arthur fait un peu durer le plaisir du pipi pour éviter de retourner dans la chambre. Rien de bien excessif et il prend la direction de son lit de bon coeur.
20h28: Nos trois chansons habituelles: À la claire fontaine, V’la le bon vent et Pirouette Cacahuète. Pendant que je chante, il se met sous sa couette, non sans oublier sa baguette qui ne manquera pas de lui servir dans ses rêves.
20h35: Fin des chansons. Je le borde et j’éteins les lumières. Vraiment agréable comme soirée.
20h37: Sortie de la chambre d’Arthur. Femme fait du iPad dans le salon.
20h39: Traitement des courriels de la journée. En bout de ligne j’ai reçu 2 courriels que j’attendais, mais le plus important de tous n’est pas arrivé. Je vais devoir attendre jusqu’à lundi, au mieux.
20h55: Mon cell fait un gros gong sur réception d’un courriel (inintéressant par ailleurs). Ça me rappelle de lui couper le sifflet.
20h56: Lecture de quelques onglets trainant sur Firefox…
21h04: Après une nuit précédente pénible et une journée passée à se sentir fiévreuse, Femme va se coucher.
21h31: Une amie de Femme appelle pour lui souhaiter un bon anniversaire. Raté, elle dort.
21h37: Arthur fait de la résistance, je l’entends encore se raconter des histoires dans son lit.
22h02: Je fais un peu de mise en page et de correction de coquilles pour le présent billet.
22h23: Verre d’eau. J’ai tellement soif depuis que j’ai été malade.
22h47: Brossage de dent.
22h51: Extinction des feux.

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En dessous, on n’est pas tous pareils

November 14th, 2011 Stephane 2 comments

Cette campagne d’affichage de Centraide me brulait les rétines depuis un certain temps. Finalement le billet de David Desjardins dans L’actualité m’a poussé à mettre tout ceci en mots. Et l’aspect audacieux (lire racoleur) des publicités est loin d’être le seul irritant dans l’histoire, ça va cherche plus loin, ça va chercher dans le fait qu’en dessous, nous ne sommes vraiment pas tous pareil, et surtout pas les pauvres. Comme l’écrivait Michel Serres, ce n’est pas pour rien que nos lointains aïeux faisaient l’amour habillés, dans le noir: leurs corps ravagés par le travail et la malnutrition étaient laids, repoussants plus qu’autre chose.

Un homme et une femme sont-ils pareils, en dessous? Du point de vue d’un animal ou d’un extra-terrestre, surement que oui: deux bras, deux jambes, une tête. On est pareil. Mais d’un point de vue humain, la différence est de taille et cette différence n’est pas seulement cosmétique, elle traduit une réalité bien plus riche, celle par exemple de la femme qui peut porter la vie là où l’homme ne peut pas le faire.

Eh bien disons que les pauvres, les personnes dans le besoin, sont aussi éloignées des images de cette campagne que peut l’être l’homme de la femme. Pense-t-on vraiment que les personnes dans le besoin ont une belle peau lisse? Le ventre bien plat? Un corps vierge de toute pilosité? Évidemment non. En fait la plupart des personnes ne sont pas ainsi, en dessous. Comparés à ceux qui ont les moyens (et la fantaisie) de s’occuper de la cosmétique de leur corps, le commun des mortels est laid, flasque, avec une peau irrégulière, des cicatrices. Et là aussi la surface peut trahir plus. Le corps des plus pauvres est un corps ravagé par l’existence comme l’est souvent leur esprit émoussé, lavé quand il n’est pas simplement déconnecté ou fou. Non, vraiment nous sommes pas pareil que ces photos-là et surement pas ceux tout en bas de l’échelle.

Le lecteur attentif me dira que c’est un procédé pour rapproche l’homo sapiens sapiens moyen de son congénère dans le besoin, de créer un sentiment de proximité favorisant la compassion et donc le geste financier, tout en permettant au même sapiens sapiens de se rincer l’œil et de commenter la plastique de personnes connues. Mais quel est le message? La stratégie employée n’a-t-elle pas pour effet de pervertir le message?

Si vous voulez faire une campagne audacieuse, montrez-vous des vrais corps, des corps fatigués, des corps qui ont vécus, des corps gros, des chétifs, des corps comme 90% de la population en a. Si vous voulez vraiment faire dans l’audacieux, ne sautez pas à pieds joints dans cette horrible machine à faire du beau, à faire des top-models, cette stratégie qui recouvre déjà tout ce qu’elle peut pour vendre des jeans ou du McDo.

Bâtiment en cours de destruction

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Vie de travail

April 15th, 2011 Stephane 1 comment

Ces derniers temps, lorsque vient le moment d’aller à la garderie, Fiston se rembrunit. Voilà deux jours il s’est prostré dans la chaise berceuse, le regard absent, comme un enfant maltraité. Le déposer à la garderie est également source d’affliction et de moues de tristesse, sans parler des pleurs et des “reste ici Papa”.

À chaque fois la question revient plus pressante: “pourquoi tu pars Papa?” et à chaque fois le même disque rayé: “je vais au travail”.

Tu m’étonnes que ça donne une mauvaise image du boulot. J’aurais 2 ans et on me répéterait tous les jours que les personnes les plus importantes pour moi me quittent et me délaissent plus de la moitié de ma journée éveillée pour aller au travail, je me dirais que c’est pas mal une saloperie.

Par chance, la Société cherche à nous faire croire qu’il est bon de laisser nos enfants à la garderie; ainsi ils vont pouvoir se développer, apprendre à socialiser, j’en passe et des meilleurs. Incidemment il me semble que tout ce qui rend la vie plus facile aux parents nous est vendu comme important et nécessaire pour les enfants (comme de pleurer, très important de laisser pleurer, c’est ainsi qu’on apprend la vie!)

Pourtant je n’ai rien contre le travail en soi. Du moins mon type de travail, celui qui consiste en une activité constructive souvent enrichissante et qui par ailleurs permet d’obtenir une bonne rémunération.

Toutefois, je n’arrive toujours pas à comprendre que rendu dans les années 2000 il soit encore nécessaire, dans la majorité des cas, de rencontrer un nombre d’heures de travail mangeant une large partie de la journée, auxquelles s’ajoutent pour de nombreuses personnes les temps de transport et autres. Ce qu’il reste de nos éveils sont quelques heures anorexiques coincées entre la préparation d’un repas toujours fait trop vite (et pourtant qu’il est bon de bien préparer à manger) et quelques minutes de vie commune, toujours trop courtes.

Entendons-nous bien, même si j’en avais les moyens je ne voudrais pas être homme à la maison à m’occuper de fiston. Et même si je connais plusieurs personnes travaillant à leur bon vouloir, ils finissent souvent pas y passer des heures au moins aussi indues que les “salariés”. La question n’est pas nécessairement là.

 

 

Saut de haie en raquette, Montréal, 1892 (Musée McCord)

Saut de haie en raquette, Montréal, 1892 (Musée McCord)

On nous a promis une société des loisirs qui ne s’est jamais réalisées. Les utopies visant à ne travailler que deux heures par jours sont… restées de utopies. Et soyons francs, travailler deux heures par jour permet difficilement de se plonger dans des sujets complexes. Une minorité gagne beaucoup (en travaillant beaucoup souvent) alors qu’une majorité ne travaille même pas ou travaille beaucoup pour gagner peu dans des emplois dont on pourrait se passer (mettons le démarchage téléphonique à 21h). Après tout ce temps d’humanité, comment ne sommes-nous pas arrivés à fournir à chacun une éducation permettant mieux? Avec l’augmentation de la productivité, avec les créations de richesse depuis ne serait-ce qu’un siècle comment se fait-il que les mêmes paradigmes sociaux demeurent en place?

Des questions bien naïves à cause d’un enfant qui ne veut pas aller à la garderie…

Pourtant je me plais à croire rien n’est jamais coulé dans le béton, que ce qui nous semble une évidence incontournable aujourd’hui passera surement pour incongruité demain. Et je ne parle même pas de progrès technologique, simplement de perception, de vision.

 

L’oisiveté est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l’excès de travail est le père de toutes les soumissions.

Albert Jacquart, Petite philosophie à l’usage des non-philosophes

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MapReduce Hackathon @hopper.travel

March 27th, 2011 Stephane 1 comment

Ce samedi (le 26 mars) avait lieu dans les locaux de hopper.travel le HackReduce, un hackathon MapReduce & Hadoop. Pour les geeks, il s’agit d’une architecture distribuée facilitant l’analyse de données volumineuses en utilisant, par exemple l’Amazon EC2. J’avais un intérêt particulier pour l’événement puisqu’une série de données concernait le réseau Bixi sur lequel j’ai travaillé, mais faute de maitriser le Java, j’ai préféré m’inscrire comme visiteur plutôt que codeur.

L’événement avait un double intérêt pour ses organisateurs: sensibiliser une population à ces technologies de plus en plus en demande pour créer un effet d’entrainement et identifier des profils pour leur recrutement. Le concept est intéressant: ils prennent à leur charge les locaux, la pizza et les frais liés à l’utilisation de l’EC2 (quelques milliers de dollars) et peuvent espérer dénicher de bons prétendants.

Geek Dog @HackReduce

Geek Dog @HackReduce

Alors qu’au travail nous sommes constamment à chercher des développeurs (et autres), je me suis demandé si une stratégie équivalente serait possible. Toutefois cette méthode semble surtout adaptée pour les technologies naissantes qui attirent l’attention plutôt que du C++ tout nu comme celui pratiqué chez nous. Quoiqu’il en soit, l’idée demeure pertinente: en plus de filtrer des personnes motivées et curieuses (prêtes à passer un samedi planté devant des écrans à développer pour… la beauté du code), c’est une mise en situation rêvée!

Ceci dit, il semble que c’est surtout le volet apprentissage qui a été couvert alors que facilement de 90% des personnes présentes n’avaient jamais utilisé la technologie en question et nombreux étaient ceux qui étaient même débutant en Java. L’équipe organisatrice a efficacement supporté tout ce petit monde dans les méandres du code et des configurations nécessaires.

Malheureusement je n’ai pas pu rester jusqu’à la fin, donc je n’ai pas vu les résultats obtenus, mais clairement c’est une initiative très intéressante! À noter que l’idée leur est venue suite à séjour dans les locaux de Google… la technologie elle-même provenant des ingénieurs du Big Brother des internets.

HackReduce @Hopper.travel

HackReduce @Hopper.travel

***

Entre les discussions de geeks et les échanges sur les données Bixi, j’en ai profité pour sortir de ma base de données les quelques 26 millions d’enregistrements de Bixalyser, soit l’extraction du réseau Bixi en 2010, d’Avril à Novembre toutes les 5 minutes.

Les fichiers CSV résultant sont disponibles ici :

- Le fichier des stations

- Le fichier des enregistrements de station.

Construction de la mémoire

March 18th, 2011 Stephane No comments
Le lit-trampoline

Le lit-trampoline

La mémoire et sa construction m’ont toujours fasciné. Tant contenu dans si peu. Parfois il m’arrive, dans une situation anodine, d’avoir une vision parfois remontant à plus d’une dizaine d’années, d’un autre événement tout aussi anodin et dont je peinerais à me rappeler sans ce flash soudain.

Ce flash est souvent une porte d’entrée vers d’autres souvenirs corrélés par une même période temporelle ou simplement par un flot de pensée qui semble se rattacher sans lien évident. Faute de mieux, j’envisage ces apparitions mémorielles comme des associations libres du cerveau avec ce que je vivais à cet instant: sensation corporelle, bruit, odeur, que sais-je encore.

Je regarde à loisir la mémoire de notre petit colocataire se développer. D’un être qui visiblement ne se rappelait pas de la veille, il est devenu un être de mémoire. Il est capable de décrire ce qu’il a fait ou vu “l’autre passé”, parfois plusieurs mois en arrière.

Plus important, avec un âge au compteur approchant les 3 ans, il entre dans la zone du premier souvenir. Celui qui lui viendra à l’esprit en réponse à la question “quel est ton plus vieux souvenir”. Je ne peux m’empêche de penser que ce premier souvenir a quelque chose de constitutif.

Parmi toutes les nouveautés qui assaillent l’esprit jeune et ouvert à tout, qu’y a-t-il de particulier pour graver pour toujours une image particulière? Quelque part, un mécanisme doit entrer en action et ne conserver qu’un événement jugé significatif au milieu de tout ces signaux.

Quand on aime la vie, on aime le passé, parce que c’est le présent tel qu’il a survécu dans la mémoire humaine.

Marguerite Yourcenar, Les Yeux Ouverts

Parfois, au milieu ces réflexions, je perds mon sang-froid devant lui (parfois contre lui), et je me dis que ce moment très précis où je lui ai montré le pire de ma personne pourrait être son tout premier souvenir.

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Être père au milieu de la nuit

March 11th, 2011 Stephane 2 comments

1h10 du matin. Un problème au travail m’a obligé à rester debout tard. Pis, je dois me relever vers 4h30 pour faire des vérifications; appeler du monde de mon équipe en pleine nuit pour me relayer me semble difficilement concevable; la nuit sera donc très courte.

Tandis que je me prends une couverture pour dormir quelques heure sur le futon, Arthur se met à pleurer, que dis-je à hurler dans on lit.

Voilà deux ans de cela, alors qu’il n’avait pas un an, les cris de ce qui était alors une boule de chair à vif m’auraient plongé dans un état de frustration intense avec en tête un seul et unique refrain “X minutes de sommeil en moins dans une nuit bien trop courte”.

Ce soir, j’entends ses pleurs et je souffre pour lui.

Je suis bouleversé par ce petit être dont nous constatons chaque jour combien il comprend tout maintenant.

Il sait que nous sommes là, juste derrière le mur, il sait que si nous ne venons pas, c’est juste que nous n’en avons pas envie.

Le pire étant que je n’ai même pas envie de lui refuser ma présence. Au contraire, il me fait tant plaisir d’aller à sa rencontre dans la noirceur de sa chambre, grappiller ainsi quelques minutes de sommeil, pour lui faire sentir que nous sommes là pour lui, pour le réconforter et lui chanter À la claire fontaine pour l’aider à retrouver ce sommeil si fuyant.

Le coup de foutre avec le nouveau-né fraichement démoulé, je n’y crois pas.

Mais tranquillement, au gré des mois et des années, tomber sous le charme de ce petit être qui par ailleurs n’a aucun scrupule à nous manipuler pour arriver à ses fins? Oui, clairement oui. Et foutre en l’air quelques minutes de sommeil pour être avec lui, oui et en plus avec plaisir.

Avec tellement de plaisir, que je prends même quelques minutes supplémentaires pour le mettre en mots.

Dors bien Arthur.

Envie de vivre

March 3rd, 2011 Stephane 2 comments
Vie

V I E

Soudainement, une envie de vivre se faire jour dans le cœur de celui qui ne voulait pas vivre.

Dans un même élan, une crainte inextinguible de perdre cette vie désormais souhaitée

La crainte de perdre les motifs de cet instinct profond

Un retour à la non-vie?

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